Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

13 mai 2007

Le pantomimeur (Plasoc)

Tête de bois, corps de chiffon"maris honnêtes", 'si font font font…  J’sus pô d’bois mad’mazellej’sus pô Pinocchio ma tout’belle,y’a personn’ qui m’tire les ficellesj’sus pô lépreux tournant crécelleni l'vagabond traînant de l’ailej’sus pô ch’mineau, j’paye la gabelle,mon ch’val c’est pô une haridelle !  Vin’ donc  un d’ces quat’ à Brusselles  Si tu veux ben’ lâcher dix ballesJ’te guérirai les écrouelles,tu me trouv’ras plac’ du jeu d’balle… Nous aut’ les pantomimeurson n’peut pô... [Lire la suite]
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12 mai 2007

Grandir enfin (Brigetoun)

Vieux Jean, je relève la tête, tu vois – et tu es là, merci, vieux Jean, comme autrefois, avec tes yeux fendus, tes grosses paupières et tes mains griffes, qui m’avaient déplu et qui me sont devenus familiers et chers, plus chers encore pour les plaisanteries que tu m’attirais. J’ai grandi et vieilli, vieux Jean, mais je suis bien contente de t’avoir retrouvé dans la vieille maison. Parce que je ne peux plus pleurer à grandes goulées, ni crier, ni taper du pied. Tu te souviens ? Pas si vieille, vieux Jean, pas comme ils le... [Lire la suite]
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12 mai 2007

Au bord du monde (Kloelle)

  Je suis assis là, sur le bord du monde. J’observe. J’écoute. Je m’abreuve des goûts, des formes et des couleurs.Voyez ce plissement de soie rouge qui invite la lumière, et là, cet éclat de rire clair qui s’élève d’une robe à fleurs bleues. Ils sont la pulsation de vie qui s’éloigne de moi car sur mon teint terreux glissent les regards. Toi, tu es assis comme un autre moi, sur le bord du monde, avec ton large pantalon de velours et cette forte odeur de pipe; tu me regardes avec bienveillance et de la pointe de... [Lire la suite]
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12 mai 2007

Des mots pour le dire (rsylvie)

Il était là, assis à coté de moi… je le regardais à la dérobée, n’osant affronter son regard de face. Oui j’étais rentrée tard…. Et alors, j’ai le droit. J’suis majeure ! J’ai plus de compte à lui rendre, à ce vieux fou. Qui se prend pour mon père. Sous prétexte qu’il avait engrossé cette femme, que je dois appeler maman... Non mais, de quel droit venait-il me faire la leçon, cet ivrogne, saoul, du matin jusqu’au soir? J’suis pas sa fille. Et puis même, si j’l’étais. Il y a longtemps que je les aurais reniés, lui, sa pouffiasse et le... [Lire la suite]
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12 mai 2007

Comment j'en suis arrivé là (matarjeu)

Je suis le petit cousin de Pinocchio. Je n’ai pas eu la chance d’avoir un père comme Geppetto qui habille, nourrit, envoie à l’école, tolère les caprices, pardonne étourderies et mensonges. Mon créateur m’a tant rudoyé que je me suis enfui. J’ai eu faim, j’ai volé des noisettes et des châtaignes pour survivre. J’ai dormi sur des bancs dans les squares et j’ai eu froid. Je me suis caché sous des ponts pour échapper aux gendarmes. Un montreur de marionnettes m’a découvert un matin, errant dans la campagne, à moitié nu car de... [Lire la suite]
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11 mai 2007

Autodafé (Papistache)

De bois, le billot où, vaincue, l’adversaire attend seule. Seule conduite au bûcher, par la grâce de l’écriture, L’écriture de la sentence, dictée par Nous ! Nous, qui entérinons l’arrêt qui jamais ne la sauvera (Sauvera-t-on, en Notre Justice, pantin qui tant pue de la gueule ?) De la gueule du brasier alimenté de marionnettes de bois.
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11 mai 2007

Pour l'amour de Lili (Macha)

C'est un vieux bonhomme à la moustache en bataille, posé au coin du théâtre de marionnettes. La jeune fille marche sans le voir, une valise à la main, abîmée dans son désespoir. Plus de famille, pas de travail, pas d'argent. Là-bas, le fleuve lui tend ses eaux noires.Une main se glisse dans le dos du pantin.— Eh toi, attends ! Ecoute-moi ! La jeune fille surprise s'est arrêtée. Qui lui parle ? Elle ne voit personne d'autre que cette marionnette qui vient de s'animer, et dont il semble sortir une voix éraillée.— Viens me parler,... [Lire la suite]
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11 mai 2007

L'histoire de Gédéon (Christine 2)

En faisant du tri dans les vieux cartons entassés au grenier, j’ai retrouvé par hasard le vieux bonhomme. Gédéon on l’appelait. Gédéon a traversé toute la génération paternelle. Je ne connais pas précisément l’histoire de Gédéon. Tout ce dont je me souviens c’est qu’il trônait sur le haut de la cheminée chez mes grands-parents. D’aussi loin que je m’en rappelle, il me semble que Gédéon était accompagné. Je les revois tous les deux assis sur ce banc. Sa compagne tenait dans la main une quenouille.  Puis, un jour Gédéon s’est... [Lire la suite]
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11 mai 2007

Gepetto aux chiffons (Thierry)

Il était triste, Gepetto. Son histoire avait été mal écrite, pas écrite comme elle aurait dû l'être. Surtout cette fin molle en chiffons. Quand on est marionnettiste, quand on a usé ses paumes à raboter des essences nobles, on ne finit pas en chiffon par quelque maléfice cruel. Certes, les poupées de chiffons étaient charmantes, elles avaient ces rondeurs qu'on aime tant caresser et sentir, mais celles en bois avaient la plus belle des grâces, celle du mouvement, de l'expression et de la vie. La vie, la passion de toujours... [Lire la suite]
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10 mai 2007

La belle du bal (Abstruse)

Je suis vieux seul et triste.Lorsque le soleil se couche je vais devant chez moi, sur ce petit banc de bois fidèle compagnon usé de tant de moi. Je guette l’instant d’aller le retrouver de ma fenêtre aux rideaux délavés.Je m’installe toujours à la même place, au milieu comme pour laisser s’asseoir les fantômes du passé à mes cotés. Les gens du village me prennent pour un fou mais moi je sais…Bien sûr qu’ils ne comprennent pas pourquoi…Pourquoi je joue d’un instrument qui n’existe pas… Je m’assieds là comme ça…Je ferme les... [Lire la suite]
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