Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

29 mai 2008

21. Mobile de poupées (Sherkane)

Je sors du garage avec une épouvantable migraine. Pas étonnant après deux jours passés à trier les affaires entassées par Maman depuis de si longues années. Il ne reste que cette petite malle à vider. Ce que j’y trouve me renvoie des années en arrière : vêtements de bébé impeccablement pliés et manifestement tout neufs. Et ce mobile fait de trois poupées en laine… Je ne me lasse pas de le faire tourner devant mes yeux, migraine oubliée.

Tu avais dû t’arrêter de travailler. Pour éviter que le bébé n’arrive trop tôt, il fallait que tu restes couchée. C’était super. Je t’avais pour moi toute seule à chaque fin d’après midi. Je te racontais ma journée d’école puis tu m’aidais à faire mes devoirs. Parfois tu me faisais toucher ton ventre pour que je sente le petit frère bouger.

Un soir, tu m’as demandé de t’apporter ton grand sac bleu en toile. Je me suis installée sur le lit à coté de toi. D’un geste sûr, tu as assemblé deux bouts de bois en croix. De la laine bleue pour les bras, de la laine blanche pour les jambes, une boule de coton enveloppée de papier kraft pour le visage, deux grains de café en guise d’yeux, et une merveilleuse poupée a surgi sous tes doigts. Tu m’as proposé d’en confectionner une moi-même mais je préférais te regarder faire. Deux autres poupées sont nées de tes mains et tu les as reliées toutes les trois en un mobile pour le petit frère à venir.

Quelques jours plus tard, tu n’étais pas à la maison à ma sortie de l’école. On t’avait amenée d’urgence à l’hôpital et le petit frère n’est jamais venu. Un an et demi après, tu as donné naissance à une petite sœur et quelques années plus tard à un petit frère.

Les poupées tournent et retournent devant mes yeux, jouant avec les rayons de soleil. J’avais totalement oublié la fausse couche de Maman et ce mobile. Jusqu’à aujourd’hui, plus de quarante ans après.

Posté par Vertumne à 15:01 - Sherkane - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mai 2008

Vive la Vie ! (Sherkane)

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, il n'a jamais fait aussi beau.  A bas les attachés-cases et les cravates. Faites les tournoyer à bout de bras et balancez les ! Tenez-vous par la main. Faites la farandole. Acclamez le soleil. Pour une fois, oubliez la société et sa vie trépidante. Replongez-vous au plus profond de vous-même.
Et BONNE JOURNÉE à tous !

Posté par patitouille à 11:09 - Sherkane - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 avril 2008

08. Eloge canin (Sherkane)

Mon cher Wouaf d’Enzo,

6 ans qu’une voiture t’a percuté…

En ce jour anniversaire,

De notre maîtresse bien aimée

Je voudrais te parler

En ce matin d’avril

Alors que les peupliers se paraient de cuivre

Elle est venue

De mon chenil elle m’a retiré

De mes compagnons elle m’a séparé

Pour m’emmener je ne sais où

Agé de 10 mois j’ignorais tout de la vie

Mon nom je ne le connaissais pas

Le lien au maître pas davantage

A son plus grand désespoir

Je vivais ma vie de mon coté

Sans repères, sans rappel

Il a fallu du temps pour se connaitre

Pour qu’elle t’oublie toi le grand frère

Pour que je la considère comme ma maitresse

Elle a du apprendre à me faire confiance

Réfréner la peur panique qui l’étreint

Quand je pique un sprint en balade

Je lui ai prouvé que je l’aimais

Que moi aussi je sais revenir

Quand je me laisse emporter par mon flair

Eh oui ! Curieux de tout et concierge comme pas deux

Une odeur par ci une odeur par là

C’est toujours mieux au-delà des limites

Peu à peu une confiance mutuelle s’est installée

Un lien étroit s’est tissé

Inséparables nous sommes maintenant

Enfin pas tout à fait

Cairn terrier je suis et cairn terrier je reste

Tellement de choses à découvrir

Que j’en oublie parfois la maitresse

Mais elle me connait bien

Et sait que sous des dehors indépendant

Je la surveille du coin de l’œil

Prompt à revenir à toute vitesse

Grâce à toi grand frère

Depuis 6 ans maintenant

Je mène une vie de wouaf

Avec notre maitresse bien-aimée

Toujours par monts et par vaux avec elle

Les copains et les copines le week-end

Un brin d’agility et d’obérythmée

Des randos, beaucoup de randos

Des câlins autant que j’en veux

Des « Je t’aime » murmurés à l’oreille

Alors quand les peupliers se parent de cuivre

Je pense à toi grand frère

Et je te dis « MERCI »

                                                            Ton petit frère

                                                            Sherkane

Posté par _Sammy_ à 13:30 - Sherkane - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2008

25. Pas simple… (Sherkane)

Il faut absolument que je pense à me remettre à jardiner maintenant que j’ai le temps. Et puis, manger ses propres fruits et légumes c’est à la mode ! Les médias nous bourrent tellement la tête avec la malbouffe et le système agricole productiviste. Pourtant, personne ne s’est plaint de l’intensification de l’agriculture après la guerre ! Les topinambours et les tickets de rationnement c’est bien mais on s’en lasse.

Drôle de monde dans lequel on vit. Pénurie et flambée des prix du riz, du maïs, des céréales. Des stocks mondiaux au plus bas. Du jamais vu ! Des émeutes de la faim dans de nombreux pays. Et à contrario, des nations nanties qui font la fine bouche. Qui veulent manger bio, qui rêvent d’une agriculture extensive sans agrochimie, sans OGM, sans mycotoxines. Où est la mesure ? Où est la vérité ? Chaque pays devrait être auto suffisant pour son alimentation. Mais comment y arriver ?

Coupler à l’usine d’incinération une grande chaudière alimentée par de la biomasse. Séduisante idée dans l’air du temps. Mais si tout le monde agit de cette façon… C’est les US qui ont provoqué en partie la tension alimentaire mondiale en utilisant des millions de tonnes de maïs pour fabriquer des biocarburants. Qu’est ce qui est le plus important ? L’alimentation ou l’indépendance énergétique ? Avec la protection de l’environnement, ce seront de sérieux défis à résoudre pour la génération de cet adolescent en face de moi, qui lit casquette vissée sur la tête, et de cette gamine à ma droite, qui se dispute avec sa mère. Drôle de société qu’on leur lègue à eux et à leurs enfants !

Oups ! Il est temps que j’y aille si je ne veux pas arriver en retard à la réunion de la communauté de communes ! Je crois que je vais proposer de plutôt réfléchir sur un projet de chaudière solaire. Pas sûr qu’on m’écoute. Je ne suis que le maire d’une petite commune.

« Garçon, un café et l’addition s’il vous plait »

Posté par Coumarine à 09:07 - Sherkane - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mars 2008

11. Tumulte (Sherkane)

C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué. Je connais bien ces passages à vide entre deux missions. Mais là, c’est autre chose. Je m’épuise dans une lutte sans fin. Des questions encombrent mon esprit. Questions auxquelles je ne veux pas penser, auxquelles je ne veux surtout pas répondre. Des questions qui reviennent avec d’autant plus de force que je les avais muselées dans un coin de mon esprit. Facile quand on travaille d’arrache-pied. Qui de Montaigne ou de Pascal a dit en substance : « L’homme se noie dans l’action pour ne pas penser à l’essentiel » ?

Tous ces gens autour de moi qui attendent de monter dans le métro, je les bouscule. Je leur crie de se retourner et d’observer leur reflet, là, de l’autre coté du quai. J’aimerais qu’ils me disent ce qu’ils voient, ce que leur dit leur miroir.

Je les affuble de couvre chefs extravagants, je les habille de vêtements chatoyants. Ils bougent, rient, s’interpellent. Ils vivent !

Je tague les murs de la station et le métro à grands coups de bombes de couleurs vives et criardes. Tout, plutôt que ce gris si propre, si conforme, si « dans la norme ».

Les portes du wagon se sont refermées. Assis sur un strapontin je ferme les yeux. Quelle ironie ! Depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué. Ces questions, il va falloir que j’y réponde.

Posté par Vertumne à 09:30 - Sherkane - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2008

05. Coup de théâtre (Sherkane)

Le représentant d’une association juive  affirme que la célèbre et imposante statue « Intimité » appartient à la famille Eschenbaum, dont seule une petite fille a survécu aux camps de concentration. Si cela est vrai, les deux riches familles allemandes qui se disputent l’œuvre d’art dans un procès qui dure depuis des mois, se trouveraient déboutées.

Une confrontation entre toutes les parties aura lieu le mercredi 5 février 1962, en présence de la statue

Herbert Rasbonn, collectionneur d’art, replie le journal. Il est curieux et ira assister.

Au tribunal, il contemple bouche bée la statue. La femme qui se tient devant lui dans son habit d’argile, parait si vivante qu’il lui semble voir sa poitrine se soulever pour respirer. Assise par terre, ses longues jambes gainées de bas marron repliées sous elle, elle est vêtue d’une simple guêpière vert d’eau, qui lui galbe les seins alors qu’elle étire lascivement ses bras d’un blanc nacré en arrière, pour remettre de l’ordre dans sa chevelure, la tête penchée sur le coté.

Soudain un vieil homme coiffé d’une kippa s’avance, accompagné du juge. La salle retient son souffle. L’homme promène une main ridée sur le sein gauche de la statue, glisse lentement sur le ventre et va s’insinuer sous les plis de la guêpière pour appuyer sur la toison pubienne.

Un cliquetis métallique résonne dans le silence tendu de la salle, et nombreux sont ceux qui sursautent. Un tiroir secret vient de jaillir. Des murmures parcourent la foule alors que le juge en retire un papier et se met à lire à haute voix :

Acte de vente de la statue « Intimité » à Mr Eschenbaum le 16 mars 1936….


Herbert regarde la mine furieuse des deux familles allemandes. Il sourit intérieurement. Ah les femmes ! Elles nous subjuguent par leur beauté mais elles nous dévoilent leurs secrets qu’aux moments où s’y attend le moins.

Et c’est comme çà qu’on perd un procès !

Posté par _Sammy_ à 08:00 - Sherkane - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2008

11. Alors ? Irrécupérable ? (Sherkane)

Il n'en a parlé à personne, pourtant il doit bien se l’avouer : il se sent un peu décalé dans le groupe qu’il rejoint à Paris une fois par mois pour écrire. Ses compagnons, tous parisiens, commentent volontiers les spectacles qu’ils ont vus ou qu’il faudrait aller voir : concerts, pièces de théâtre, expositions diverses ….
Le plus souvent, c’est de l’hébreu pour lui. Faut dire que ce n’est pas dans le village perdu au fin fond de l’Auvergne où il vit, qu’il peut avoir de telles sorties. Et puis, son truc à lui c’est le sport, les randonnées et l’écriture. Alors il n’en parle à personne, mais il se sent décalé, ignare, stupide, « bouseux » quoi… même si parfois, il lui semble renifler une petite odeur de vernis chez les autres.
Aussi, quand sa cousine lui propose d’aller au musée d’art moderne à Bruxelles, il accepte  sans hésiter. Pourquoi pas ? Il aura pour une fois quelque chose à raconter.
Mais là ! Il se demande vraiment ce qu’il fait dans ce musée où il est de bon ton de se taire, de marcher à pas feutrés, et surtout de ne rien toucher.

Il a beau changer d’angle, il ne comprend pas pourquoi la peinture qu’il a devant lui peut être considérée comme une œuvre d’art. Le visage, démesurément allongé de l’homme, lui parait trop caricatural avec son front anormalement étroit, ses larges pupilles d’un noir trop noir et ses iris d’un bleu un peu trop bleu. Il se recule. Les touches de couleur ? Oui peut être…
Il n’a plus qu’une envie. Sortir de ce musée et partir flâner dans Bruxelles, appareil photo en main.

Ce qu’il aime c’est la pierre, son grain, sa couleur, sa forme, son contact sous les doigts et la paume.  Une pierre, et c’est toute une histoire paysagère qui défile devant lui. Partout où il va, il aime observer comment l’homme l’a utilisée en construction.

Qui sait ce que Bruxelles va lui réserver comme surprise ! 

Posté par patitouille à 17:30 - Sherkane - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 février 2008

5. A la recherche de (Sherkane)

J’ai sorti mon cahier à couverture rouge de mon grand sac et j’ai feuilleté pour la énième fois les pages écornées.
Un an que je l’avais déniché dans une brocante.
Un an que je vivais avec Charlotte, jeune fille de quinze ans, qui y avait consigné son journal intime d’une écriture fine et serrée.
Un an que je suivais ses traces.
Cette fois-ci c’était la bonne ! J’en étais sûre. J’avais enfin trouvé la propriété où Charlotte avait vécu six mois enfermée, il y avait de cela près de cinquante ans.

J’ai traversé la rue, zigzagant entre les voitures et les piétons, tous pressés d’aller je ne savais où dans cette ville de banlieue. Une chaine à gros maillons étincelants, munie de deux cadenas flambant neufs, maintenait fermés les battants rouillés et bancals de la grille d’entrée. Fascinée, j’ai regardé à travers les barreaux la propriété laissée à l’abandon. Tout y était. La véranda (aux vitres maintenant cassées), le balcon en bois à l’étage (devenu le repaire des pigeons), l’immense tilleul (dont les feuilles mortes jonchaient les allées envahies d’herbes folles).

Serrant le cahier contre moi, j’ai entrepris de faire le tour. Je me suis glissée dans le jardin  par une brèche dans le grillage à l'arrière. Le cœur battant, j’ai suivi une minuscule sente bien tracée.

Je me suis arrêtée net en apercevant du linge étendu sur un fil entre deux arbres. Mes yeux ont tourné dans tous les sens. Un homme se tenait devant une petite tente, aux trois quarts camouflée dans les buissons. Nous nous sommes fixés en silence, sans un geste. Une éternité. Puis, déglutissant avec peine, je me suis mise à reculer. D’abord très lentement puis de plus en plus vite. J’ai repassé la brèche sans me soucier des accrocs du grillage sur mes vêtements. Je n’ai ralenti qu’une fois arrivée dans la rue bruyante et animée.

Plus tard, devant une bière, j’ai ré-ouvert le cahier rouge. Mais le cœur n’y était plus. 

Posté par pivoineblanche7 à 17:59 - Sherkane - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 janvier 2008

12. Bascule (Sherkane)

Mes très chers frères…. Oui,  vous avez bien entendu ! Mes très chers frères. Plus que des camarades, plus que des amis ! Des frères

Du haut de l’estrade, le directeur balaie du regard la foule qui se presse sur la place. Tous ceux qui ne travaillent pas sont présents. Mineurs de fond, chefs d’équipe, contremaitres… Tous un peu guindés dans leurs habits du dimanche. Ses yeux s’arrêtent sur quatre de ses plus proches collaborateurs. Cravates, gilets en laine, vestes en tweed, ils sont au premier rang, à sa gauche. Marco Lemaire le responsable sécurité se faufile auprès d’eux. Tête baissée, visage pâle.

Nous formons une grande famille et c’est grâce à vous tous que nous sommes là ce soir pour fêter la mise en service du nouveau puits…

Tous les visages sont tournés vers le directeur. Sa voix résonne dans le silence.

Vous pouvez être fiers du travail effectué !...

Derrière la foule, les bâtiments de la mine viennent de s’éclairer. Des silhouettes vont et viennent. Une agitation gagne les derniers rangs. Un brusque sentiment de malaise étreint le directeur.

Avec ce nouveau  puits…

Il regarde à nouveau ses collaborateurs. Paul Gallois et Jeannot Toison ne sont plus là. Marco Lemaire parle à voix basse avec Jacques Tignier, qui, à son tour, se dirige vers les bâtiments non sans lancer un rapide coup d’œil vers le directeur.

Lamber…Lambersart…

L’hésitation est palpable. Les premiers rangs ont suivi la direction de son regard. Des chuchotements montent de la foule. Les gens s’interpellent. Les têtes se tournent dans tous les sens. Flux et reflux. Brouhaha. Le directeur élève le ton, agite les mains mais son auditoire lui échappe. Plus personne ne fait attention à lui, plus personne ne l’écoute.

Dans le bruit assourdissant et soudain de la sirène, Marco Lemaire se dirige vers lui. Le directeur a du mal à entendre ce qu’il lui crie à l’oreille « … éboulement…. Galerie 64…. 15 personnes coincés…. Deux morts…. »

Posté par _Sammy_ à 15:00 - Sherkane - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 janvier 2008

19. Jeux de mains (Sherkane)

« J’ai bien fait le tour de la question, tu ne peux pas le garder avec toi. Tu dois le mettre

dans une institution spécialisée »

Marie ne dit rien. C’est à peine si elle a entendu son frère. Elle regarde son fils, planté sur

le coté de la fenêtre, face à la vitre ouverte, le corps immobile, l’air absent. Inutile de

l’appeler, de vouloir attirer son attention, elle sait qu’il ne l’entendra pas.

Son fils bouge. D’abord un doigt, puis deux. Il décrit des mouvements de plus en plus

rapides. Un sourire semble se dessiner sur son visage.

Intriguée, Marie va se placer derrière lui. Son fils vient d’étendre le bras, main en avant,

paume ouverte, doigts écartés. L’ombre s’imprime sur les persiennes entrouvertes. Une

main large aux doigts forts et aux ongles courts. Marie se rapproche encore, prenant soin

de ne pas toucher le jeune homme. A son tour elle lève le bras, et de l’ombre de ses

doigts, elle vient taquiner ceux de son fils sur les persiennes. D’abord immobiles, les

doigts du garçon commencent à bouger lentement. La mère et le fils entament alors avec

leurs mains, un étrange ballet sur les persiennes de la fenêtre.


Et puis, tout aussi soudainement, Marie voit son fils baisser le bras et se mettre à se

balancer doucement d’avant en arrière.

Posté par Coumarine à 09:19 - Sherkane - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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