Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

29 mai 2008

21. Mobile de poupées (Sherkane)

Je sors du garage avec une épouvantable migraine. Pas étonnant après deux jours passés à trier les affaires entassées par Maman depuis de si longues années. Il ne reste que cette petite malle à vider. Ce que j’y trouve me renvoie des années en arrière : vêtements de bébé impeccablement pliés et manifestement tout neufs. Et ce mobile fait de trois poupées en laine… Je ne me lasse pas de le faire tourner devant mes yeux, migraine oubliée. Tu avais dû t’arrêter de travailler. Pour éviter que le bébé n’arrive trop tôt, il fallait que tu... [Lire la suite]
Posté par Vertumne à 15:01 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

08 mai 2008

Vive la Vie ! (Sherkane)

Ce matin, pour la première fois depuis longtemps, il n'a jamais fait aussi beau.  A bas les attachés-cases et les cravates. Faites les tournoyer à bout de bras et balancez les ! Tenez-vous par la main. Faites la farandole. Acclamez le soleil. Pour une fois, oubliez la société et sa vie trépidante. Replongez-vous au plus profond de vous-même.Et BONNE JOURNÉE à tous !
Posté par patitouille à 11:09 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
28 avril 2008

08. Eloge canin (Sherkane)

Mon cher Wouaf d’Enzo,6 ans qu’une voiture t’a percuté…En ce jour anniversaire,De notre maîtresse bien aiméeJe voudrais te parlerEn ce matin d’avrilAlors que les peupliers se paraient de cuivreElle est venueDe mon chenil elle m’a retiréDe mes compagnons elle m’a séparéPour m’emmener je ne sais oùAgé de 10 mois j’ignorais tout de la vieMon nom je ne le connaissais pasLe lien au maître pas davantageA son plus grand désespoirJe vivais ma vie de mon cotéSans repères, sans rappelIl a fallu du temps pour se connaitrePour qu’elle t’oublie... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 13:30 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
17 avril 2008

25. Pas simple… (Sherkane)

Il faut absolument que je pense à me remettre à jardiner maintenant que j’ai le temps. Et puis, manger ses propres fruits et légumes c’est à la mode ! Les médias nous bourrent tellement la tête avec la malbouffe et le système agricole productiviste. Pourtant, personne ne s’est plaint de l’intensification de l’agriculture après la guerre ! Les topinambours et les tickets de rationnement c’est bien mais on s’en lasse.Drôle de monde dans lequel on vit. Pénurie et flambée des prix du riz, du maïs, des céréales. Des stocks mondiaux au plus... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
30 mars 2008

11. Tumulte (Sherkane)

C'est étrange, depuis que je ne travaille plus, je me sens de plus en plus fatigué. Je connais bien ces passages à vide entre deux missions. Mais là, c’est autre chose. Je m’épuise dans une lutte sans fin. Des questions encombrent mon esprit. Questions auxquelles je ne veux pas penser, auxquelles je ne veux surtout pas répondre. Des questions qui reviennent avec d’autant plus de force que je les avais muselées dans un coin de mon esprit. Facile quand on travaille d’arrache-pied. Qui de Montaigne ou de Pascal a dit en substance : «... [Lire la suite]
Posté par Vertumne à 09:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
08 mars 2008

05. Coup de théâtre (Sherkane)

Le représentant d’une association juive  affirme que la célèbre et imposante statue « Intimité » appartient à la famille Eschenbaum, dont seule une petite fille a survécu aux camps de concentration. Si cela est vrai, les deux riches familles allemandes qui se disputent l’œuvre d’art dans un procès qui dure depuis des mois, se trouveraient déboutées.Une confrontation entre toutes les parties aura lieu le mercredi 5 février 1962, en présence de la statue.  Herbert Rasbonn, collectionneur d’art, replie le journal. Il est... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 08:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

23 février 2008

11. Alors ? Irrécupérable ? (Sherkane)

Il n'en a parlé à personne, pourtant il doit bien se l’avouer : il se sent un peu décalé dans le groupe qu’il rejoint à Paris une fois par mois pour écrire. Ses compagnons, tous parisiens, commentent volontiers les spectacles qu’ils ont vus ou qu’il faudrait aller voir : concerts, pièces de théâtre, expositions diverses …. Le plus souvent, c’est de l’hébreu pour lui. Faut dire que ce n’est pas dans le village perdu au fin fond de l’Auvergne où il vit, qu’il peut avoir de telles sorties. Et puis, son truc à lui c’est le sport, les... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:30 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
08 février 2008

5. A la recherche de (Sherkane)

J’ai sorti mon cahier à couverture rouge de mon grand sac et j’ai feuilleté pour la énième fois les pages écornées. Un an que je l’avais déniché dans une brocante.Un an que je vivais avec Charlotte, jeune fille de quinze ans, qui y avait consigné son journal intime d’une écriture fine et serrée.Un an que je suivais ses traces.Cette fois-ci c’était la bonne ! J’en étais sûre. J’avais enfin trouvé la propriété où Charlotte avait vécu six mois enfermée, il y avait de cela près de cinquante ans. J’ai traversé la rue, zigzagant entre... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 17:59 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
27 janvier 2008

12. Bascule (Sherkane)

Mes très chers frères…. Oui,  vous avez bien entendu ! Mes très chers frères. Plus que des camarades, plus que des amis ! Des frères…Du haut de l’estrade, le directeur balaie du regard la foule qui se presse sur la place. Tous ceux qui ne travaillent pas sont présents. Mineurs de fond, chefs d’équipe, contremaitres… Tous un peu guindés dans leurs habits du dimanche. Ses yeux s’arrêtent sur quatre de ses plus proches collaborateurs. Cravates, gilets en laine, vestes en tweed, ils sont au premier rang, à sa gauche. Marco Lemaire le... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 15:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
15 janvier 2008

19. Jeux de mains (Sherkane)

« J’ai bien fait le tour de la question, tu ne peux pas le garder avec toi. Tu dois le mettre dans une institution spécialisée » Marie ne dit rien. C’est à peine si elle a entendu son frère. Elle regarde son fils, planté sur le coté de la fenêtre, face à la vitre ouverte, le corps immobile, l’air absent. Inutile de l’appeler, de vouloir attirer son attention, elle sait qu’il ne l’entendra pas. Son fils bouge. D’abord un doigt, puis deux. Il décrit des mouvements de plus en plus rapides. Un sourire semble se dessiner... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:19 - - Commentaires [16] - Permalien [#]