Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

03 juin 2008

34. Mauvaise anticipation (Vertumne)

Je sors du garage avec une épouvantable migraine. Elle, à l'autre bout de la ville, elle enfonce la vitrine d'une pharmacie avec son 4x4. Dans une heure, on doit se rencontrer au parc pour… À nouveau, le bouquin lui tomba des mains, mais définitivement cette fois-ci. « Décidément, il s'écrit n'importe quoi » pensa-t-il, en se mettant à regretter son achat. Bon, il devait quand même admettre que ce n'était pas le livre, qu'il avait choisi en priorité – Huile de vendange, d'Ursule Trianon –, mais plutôt les trois jolies petites poupées... [Lire la suite]
Posté par Vertumne à 21:10 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

11 avril 2008

5. Déprime (Vertumne)

Il faut absolument que je pense à ne plus grincer… Hier soir, je l'ai vu, il a hésité à me retirer du lot, à me jeter au débarras, faudra d'ailleurs que je le dise aux copines, je me demande s'il ne songe pas à changer tout le mobilier… Aïe ! mais pourquoi il nous empoigne comme ça ? Déjà qu'il nous brusque, le soir, quand il nous jette sur les tables… Faut pas qu'il s'étonne si on vieillit avant l'âge !… Oh, non !… il va pas me mettre vers la fenêtre ! La semaine dernière, j'étais près de la porte, ça me convenait bien, y... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:20 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
13 mars 2008

Acte II, scène 5 (Vertumne)

                            ORONTE             s'adressant à ses valets, au loin Pour quelques jours encore ma femme est en voyageVeillez à assurer les bons soins du ménage.Quant à moi je m'éloigne et serai de retourDans une petite heure, avant la fin du jour.                             entrant Mais... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 20:43 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
23 février 2008

10. Hurlement (Vertumne)

Il n'en a parlé à personne. Il a soigneusement rangé ses affaires, comme au bureau, quand il aligne ses crayons bien taillés dans l'ordre décroissant de leur grandeur. Il a mis ses vêtements repassés de frais dans son placard, il a choisi une cravate rouge, à pois colorés, il a fini de se vêtir et il est sorti. Il a traversé le parc comme s'il se rendait à l'église. Lentement. Il a regardé la lune et les nuages qui par moments couraient devant elle, il a écouté le léger bruissement du vent dans les feuilles, il s'est arrêté un... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
22 janvier 2008

45. Quelque part en Campanie, le 9e jour avant les Calendes de septembre (Vertumne)

J'ai bien fait le tour de la question, j'ai longuement hésité, je ne savais pas trop… J'avais le temps, me direz-vous, toute l'éternité devant moi…Sur le moment, juste après la crémation, cela m'avait à peine effleuré. Mais c'est en longeant le Styx, alors que je percevais déjà, au loin, les grognements de Cerbère, que j'ai repensé à ces altercations parmi les miens, querelles qui avaient ponctué la cérémonie et qui semblaient vouloir tourner en de véritables invectives, alors que mes cendres étaient à peine froides et... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:36 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
11 décembre 2007

45. Tentative désespérée (Vertumne)

« Madame la première dame de France, Je me vois contraint de passer par votre propre personne, l'obstacle imposé dans la rédaction de cette lettre, à savoir l'interdiction expressément faite d'employer la dernière voyelle de l'alphabet, m'empêchant ainsi de m'adresser directement à votre conjoint le chef de l'Etat. Mon nom est – par inestimable chance, oserais-je dire – Alexandre Henri Raymond Aristide Sandoz. Ma vie ? Admirable condensé de calvaire ! Né tardivement, à peine désiré par mes parents, malmené par la fratrie, par... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 18:11 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

13 octobre 2007

Un dernier été (Vertumne)

« Mais pourquoi cet abandon ? » lui demandait-elle, devant ces pierres grises, ces haies trop touffues. Lui ne répondait pas, ne savait pas quoi lui répondre. Ils étaient arrivés par l'allée bordée de peupliers. Lui se souvenait : « Enfant, tous mes étés je les ai passés ici. Mon grand-père venait nous chercher à la gare avec sa vieille calèche attelée de deux chevaux roux, les roues et les sabots crissaient sur le gravier, couvrant nos rires et nos impatiences ». Là, ils étaient devant ce qui avait été un portail, quelques... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:00 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
19 septembre 2007

Un peu de temps qui passe (Vertumne)

«L'horloge indique 22 heures 30… mais elle est en avance», lui arrivait-ilde dire au voyageur qui s'était aventuré en ces terres reculées (au théâtreon aurait dit "en coulisse"), à l'écart des bruits du monde, où la pénombrese faufilait sans heurt entre les sapins, là où l'on avait déjà quitté laplaine sans atteindre encore tout à fait la montagne.Une façon de lui signifier qu'il était tard, mais qu'il pouvait tout de mêmerester un moment attablé si le cœur lui disait, il rejoindrait sa chambreplus tard, ce n'était pas un... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:49 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
14 octobre 2006

Discrètes dionysies (Vertumne)

Au matin, le verre était vide. Mais c'était après les songes.Dans cette infime seconde où la nuit hésite encore, sans savoir qu'elle basculera soudain vers l'aube, en ce temps où la brume revient, comme une lente malédiction, envelopper les jardins ou les décombres, quand l'entêtant murmure du fleuve rappelle aux femmes qui s'éveillent que les hommes sont partis en mer, ou à la guerre, ou vers d'autres épousailles.C'était après les songes.Dans cet instant où l'oiseau inonde l'air du souffle de ses ailes, où la main quitte la peau... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
26 août 2006

Need to do wee-wee on ze beach (Vertumne)

Bon, ça commence à bien faire, là. Levés aux aurores pour être les premierssur la plage, avant tout le monde… Moi, j'aurais bien dormi encore un peu,surtout que j'ai pas passé une nuit terrible, d'abord avec cette paella quim'est restée sur l'estomac, et puis avec l'orchestre flamenco jusqu'à desheures impossibles, sur la terrasse, et juste sous ma fenêtre, en plus ! Ils'en fout, lui, ils sont peinards, avec maman, leur chambre donne sur leparc !…Il m'avait dit: «Viens, on va faire un truc marrant, tu verras, on pourral'envoyer... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:12 - - Commentaires [6] - Permalien [#]