Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

11 mars 2007

Bleu couleur souvenir (Anne Bonaventure)

Ca fait huit jours exactement que maman m’a laissée auprès des gens qui habitent dans cette maison aux volets et portes bleus. Je ne sais pas pourquoi elle est repartie si vite.

Je l’aime bien cette maison oui elle sent bon et elle est belle. Avant j’habitais dans une petite pièce avec mon frère et maman. Papa était parti je ne sais où….Mais moi je veux grandir ici c’est si joli.

Mais tout de même je pleure tous les jours….La dame m’a dit que je m’appelle Yvette maintenant. J’ai dit oui. Elle est gentille et je l’aide à laver le linge, à repasser aussi. Ya plein d’animaux aussi ici et même un chat tout doux. Mais ça ne m’empêche pas de pleurer.

Le temps passe et je n’ai pas revu mes parents ni mon frère…..J’ai repris mon nom : Rachel ….et mes nouveaux parents habitent encore la maison aux volets et portes bleus ils vont avoir 95 ans. Et je les remercie ils ont toujours gardé le secret, jusqu’à devenir des « Justes » et osé dire ce qu’ils avaient fait pour moi. Rachel.

Posté par patitouille à 17:44 - Anne Bonaventure - Commentaires [14] - Permalien [#]

Commentaires

  • bel hommage rendu aux justes. on ne le fait jamais assez

    bienvenue à toi, Anne.

    Posté par pati, 11 mars 2007 à 18:06
  • Voilà une bien belle histoire émouvante, pudiqe et chargée de sous-entendus.

    Posté par Farfalino, 11 mars 2007 à 23:08
  • Oui, on ne le dira jamais assez...

    Mais je trouve qu'il manque un petit quelque chose à ton texte. L'as tu relu avant de l'envoyer ? A partir de "J'ai repris mon nom", on sent nettement qu'il y a un changement d'époque ; je me trompe peut-être, mais je vois ça comme ça : c'est la petite fille cachée pendant la guerre qui raconte son histoire aujourd'hui. Sauf que la première partie du texte se passerait donc dans le passé. Il faudrait utiliser deux temps différents, pour bien marquer le pendant et l'après.

    Mais personnellement, je trouve que tu pourrais t'en tenir au choix que tu avais fait au début de ton texte : le point de vue d'une petite fille qui ne comprend pas tout, mais qui pressent qu'il se passe des choses graves. Elle pourrait prendre conscience à la fin du texte qu'elle ne reverra jamais ses parents.

    Voili voilou...

    Posté par Sammy, 11 mars 2007 à 23:10
  • Pour moi, le maintien du même temps ne m'a pas gênée. C'est l'incipit qui fait partie du passé et est exprimé sous forme de flashback. Peut-être simplement que je ne les aurais pas appelé mes "nouveaux" parents.

    Bel hommage, comme le dit Pati, rendu tout en finesse aux "Justes", qui ont joué un rôle tellement important pendant la guerre.

    Posté par Micheline B, 12 mars 2007 à 09:17
  • Pour le changement de temps :je pense que dans la tête d'une personne qui a vécu ce genre de brisure, le temps n'existe plus tout est mélangé.
    On vit dans le présent et le passé reste présent.

    "Nouveaux parents" quand on a eu ce rôle doit être comme un baume sur le coeur de tant d'enfants. Quelques personnes les ont cachés, aimés, soutenus, d'une façon si humble.....

    Posté par BONAVENTURE, 12 mars 2007 à 09:23
  • Bienvenue dans PP, Anne
    Ce texte est émouvant tout en étant très sobre...décidément cette tranche d'histoire nourira encore de nombreux textes, courts et longs...
    Je crois tout simplement que tu aurais pu aller à la ligne à la phrase: le temps passe etc.
    Ce qui suffit à marquer la rupture entre présent et passé

    Posté par Coumarine, 12 mars 2007 à 11:02
  • Couramine

    Oui j'aurai dû mais j'ai écrit ce petit texte d'un souffle. La prochaine fois je ferai attention à la ponctuation.......Merci pour ton commentaire....ainsi que pour les autres.

    Posté par BONAVENTURE, 12 mars 2007 à 12:05
  • Hello, Bonaventure...
    je suis COUMARINE (sourire)
    Tu sais, ton texte m'a touchée énormément...
    Quelque part dans les conseils d'écriture que j'ai donnés (euh...c'est mon boulot...) je conseille de laisser reposer un texte écrit comme ça d'un premier souffle.
    Ecrire, c'est AUSSI du travail
    Je l'apprends tous les jours
    Si je te dis ça, c'est pas comme une critique, juste pour t'accompagner sur le passionnant chemin de l'écriture
    Bonne chance sur PP

    Posté par Coumarine, 12 mars 2007 à 12:22
  • Couramine....

    oui bien sûr j'ai besoin de conseils, et je sais que le côté que j'ai d'écrire spontané est un atout mais aussi un travers à améliorer. J'accepte les critiques positives. Je t'ai envoyé un mail pour ce que tu me dis sur mon blog....

    Posté par BONAVENTURE, 12 mars 2007 à 13:11
  • Comme je te l'ai proposé, j'ai changé un peu l'ordonnance de ce texte...
    Je pense qu'il est mieux comme ça, plus expressif...
    parfois il suffit de peu de choses

    Posté par Coumarine, 12 mars 2007 à 13:48
  • bonjour,

    quel beau texte... j'aime bien la traduction spontanée... comme les idées, les inquiétudes qui traversent la tête de cette petite fille.
    Un bel hommage.
    vraiment la consigne inspire beaucoup de personne
    peinturellement votre, rsylvie

    Posté par rsylvie, 12 mars 2007 à 17:22
  • Ah oui, Bonnaventure ! Tu pourrais quand même faire attention ! ;~)
    Mais l'essentiel, c'était l'idée... Bravo !

    Posté par Dan, 12 mars 2007 à 19:57
  • Merci pour ce petit texte (en longueur) mais ô combien profond. Les Justes méritent nos hommages. Ton texte en est un! Pour ma part, j'apprécie que tout soit au présent, ça donne davantage vie au passé. Au vu de l'actualité, il est plus que temps que ce passé redevienne très présent dans nos têtes ... sous peine d'être condamnés à le revivre. Merci pour ce rappel tout en douceur et vérité.

    Posté par fc, 13 mars 2007 à 12:50
  • Cher Oncle tu crois que je suis tête en l'air ?

    fc merci pour ton commentaire qui je l'avoue me fait plaisir....

    Posté par BONAVENTURE, 13 mars 2007 à 14:07

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