Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

10 juin 2007

Amis...amants (Cédric)


«  Excuse-moi, c’est une erreur, c’était pas censé être rose mais violet…la vendeuse a dû se tromper ! »

Elle ne répond rien, son regard me parle ; elle pose la lingerie sur la table, m’invite à m’approcher. Elle n’aime pas le rose, je le savais, à croire qu’inconsciemment je l’ai cherché : la voir nue plutôt qu’habillée de ces quelques grammes de dentelle offerts par amitié. Nos rapports sont en train de se convertir, elle m’invite à la dévêtir. Je lui signifie, nos doigts entrelacés, dirigeant nos mains vers moi, de me déshabiller. Je la connaissais affective voire câline mais il est l’heure de la féline. Voit-elle mon côté ange qui tombe, mon côté feu qui gronde ? Ses sourires me répondent. Nous désirons parcourir le même chemin enfiévré, nos pensées laissent place aux baisers. Des lèvres à joues d’amitié nous glissons lèvres à lèvres vers un face-à-face où rien ne peut plus être caché, un tête-à-tête d’amants avides de nouveaux éléments. Nouveaux plis, nouvelles formes, nouveaux grains de beauté sur le point d’être dévoilés, je respire fort son parfum de nudité. Déboutonner, dégrafer, retirer, dézipper, défaire, enlever. Nos vêtements un à un tombent sur le sol carrelé, nous laissant dans un corps à corps sans armes, sans gène, sans moment d’hésitation. Ses seins ont la courbure de mes mains, sa peau la douceur de mes rêves, un ballet charnel s’engage, je dirige puis c’est elle, elle ordonne puis c’est moi, des ordres si doux qu’ils me font fondre le cou. Elle ressent de ses doigts sous cette peau si fragile le sang gonfler en moi. Des mots-murmures sortent de sa bouche, ma langue-lecture sort de la mienne afin de lire sur ses nombreuses lèvres son désir qui s’élève.  Des bruits, des gestes, des mouvements, positionnements crus s’enchaînent sans obscénité, une sexualité sans complexe mais sans trivialité car une chose flotte dans l’air de la bulle qui nous entoure, cette chose est l’amour.

Posté par Coumarine à 09:39 - Cédric - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Exercice délicat que celui de décrire une scène d'amour sans tomber ni dans le trop cru, ni au contraire, dans le fleur bleue.
Je trouve que c'est réussi.
Par contre, il est trés rare que des juste amis s'offrent de la lingerie :D !!!

Val

Posté par val, 10 juin 2007 à 10:16

"Le ballet charnel" qui s'engage, qui se danse corps à corps, peau à peau...
On communie à tes mots, Cédric, tu décris bien cette approche qui se "sensualise" de plus en plus
(tu pourrais peut-être aérer davantage ton texte, pour plus de confort de lecture...ne crois-tu pas?)

Posté par Coumarine, 10 juin 2007 à 11:00

Merci...

Quant à l'aération, tu as raison, je n'y avais pas pensé...j'ai écrit cela dans un seul mouvement ( j'allais dire "d'un seul jet" mais continuons d'éviter de tomber dans le 'trop cru'...;-) )

Posté par Cédric, 10 juin 2007 à 12:28

Excellent! J'aime particulièrement la phrase sur la langue lecture

Posté par Arthur HIDDEN, 10 juin 2007 à 13:17

A mon tour de dire aussi que je trouve ce texte bien réussi. L'équilibre n'est jamais facile à trouver dans ce genre de description et on communie à la montée d'un jeu se fondant sur l'amour et prenant appui sur la sexualité partagée.

Posté par fc, 10 juin 2007 à 16:35

érotisme sans fausse pudeur...délicat et sensuel

Posté par ALICE, 14 juin 2007 à 12:40

un très beau texte où il y a un rythme musical, des sonorités complémentaires, un texte à lire à voix haute !

Posté par matarjeu, 14 juin 2007 à 17:08

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