Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

16 avril 2008

21. Intimité (Virgul)

« Il faut absolument que je pense à te le dire. Quand je les vois d’en haut, tous attablés, ils sont seuls ou ne se parlent pas. On pense beaucoup, mais on ne se parle pas assez.

Moi aussi aujourd’hui je suis seul, et je me fais la conversation, je me « dialogue » tout seul, mais c’est toi qui es dans mes pensées. Et je me dis que j’ai de la chance d’avoir quelqu’un à qui penser.

Au fond, cela fait plus de trente années que tu… comment dire ? M’occupes ? M’as envahi ? Non, il y a une connotation d’agression qui ne colle pas. Que tu es entrée dans ma vie, que tu y es installée. Ou bien est-ce moi qui t’ai attirée, qui ai ouvert grand la porte, me suis laissé envoûter? Pas une intrusion, mais une invitation à perpétuité.

Dans notre vie, j’ai gardé toute ma tête, hors confusion. Et comme les gens d’en bas, je nous vois vivre à deux. Je nous observe, et cela me surprend. Agréablement. Sereinement.

Notre histoire est comme une patine, nos regrets sont trop légers que pour porter ombrage à notre aujourd’hui, et notre envie est restée intacte de continuer demain.

Suis-je heureux ? Il y a tant de volets dans une vie et tant de choses qui nous entourent ! Si le bonheur égoïste est un état, comme un ressenti, alors oui, je suis heureux. Si le bonheur, lorsqu’il est à notre portée, est un devoir, comme une pierre, une contribution pour améliorer l’Edifice, alors oui, j’y participe.

Seul, je ne pourrais pas, je n’aurais pas pu, c’est dans ma nature. A nous deux, je me sens meilleur, et gourmand de la vie.

Mais est-ce pareil pour toi ? Avec quelle intensité ? Tu n’as pas les mots faciles, surtout ceux pour traduire les émotions. Alors il faut que je pense à te le dire, pour que tu chapardes mes mots et te les appropries »

Posté par Coumarine à 09:30 - Virgul - Commentaires [7] - Permalien [#]

Commentaires

  • J'aime la modestie courageuse de ce personnage qui parle de bonheur sans un mot plus haut que l'autre, patiemment, à quelqu'un qui ne l'entend pas. Combien de mots de cette bonne foi se perdent? Combien restent cachés?

    Posté par jujube, 16 avril 2008 à 13:50
  • Beaucoup de délicatesse dans ton texte. J'ai aimé le lire.

    Posté par Noisette, 16 avril 2008 à 14:36
  • Un monologue très profond ... on voudrait avoir le bonheur de rencontrer une telle personne ...

    Posté par clau, 16 avril 2008 à 14:41
  • Bonjour Virgul.AS-tu fait lire ton texte à S.?Je crois qu'elle ne pourrait qu'en être très heureuse.Bisous.

    Posté par Charlotte, 17 avril 2008 à 17:13
  • admiratif

    Bonjour Virgul,
    Quel beau texte, quelle chance a cette femme de vivre aupres d'un homme si patient, attentionné et perseverant dans ses sentiments et la capacite de les transmettre...voila un couple qui promet de durer...quel bel exemple pour leurs enfants

    Posté par junior, 18 avril 2008 à 09:50
  • La dernière phrase est sublime !
    Très beau portrait d'homme, très belle histoire d'amour et vision d'un bonheur pas facile sûrement au quotidien

    Posté par Amanda, 18 avril 2008 à 15:49
  • Beau fil de pensée et d'écriture qui a fait s'arrêter mon regard, et ma lecture. Bravo.

    Posté par antigone, 19 avril 2008 à 14:41

Poster un commentaire