Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

17 novembre 2006

L’instant « T » (Elvire)

A la croisée des chemins, à grands pas, je m’éloigne.
Maintenant, c’est décidé, j’avance, droit devant moi.
A droite comme à gauche, j’ignore les grandes avenues qui semblent si bien tracées, les petites pistes sinueuses, les vertes prairies : sur le pavage, comme sur un fil, en droite ligne, je marche.
Un pied devant l’autre : assurément si je ne glisse pas, j’irai au bout du chemin.

Me revoilà petite fille, bras écartés, en équilibre sur le rebord du trottoir.
Pensée magique : si je ne tombe pas, j’aurais devant moi toutes les portes ouvertes et tous les cadeaux du ciel.

Hier encore, j’étais au carrefour, arrêtée, hésitante.
Et puis, je me souviens de cette minute précisément, cette minute où tout a basculé.
L’instant du choix.
Le moment magique.
Choisir, c’est renoncer.
Poser son paquet au sol, l’abandonner.
A la seconde suivante, tout est si clair et si léger !
J’avance.
Je m’en fiche.

Désormais, c’est son problème, plus le mien.

Posté par Coumarine à 16:59 - Elvire - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

  • Le titre d'abord Elvire est vraiment bien trouvé...
    Ensuite, tu avances par petites touches à la fois précises et floues...
    Précises par tes petites phrases comme de petits coups de plume
    Floues parce que tu n'en dis pas beaucoup sur la décision qu'elle a prise, et heureusement dans un texte aussi court, tu laisses le lecteur deviner ou imaginer...

    Peu importe que le texte ne fasse pas les 1200 signes ...le texte se tient comme tel, bref et incisif...

    Posté par Coumarine, 17 novembre 2006 à 17:04
  • Un texte très beau qui me touche tout particulièrement.

    Posté par Lukeria, 17 novembre 2006 à 17:19
  • j'aime - je suis restée bloquée par ce qui m'a occupé ces jours ci et la dernière phrase - et c'est pauvre
    ta croisée des chemins, l'hésitation sur les dalles du bord du trottoir, c'est épatant

    Posté par brigetoun, 17 novembre 2006 à 17:42
  • Une très belle écriture, courte qui ouvre la porte à plein de relectures de nos propres cheminements. La pensée magique de l'enfance est très bien évoquée. Nous avons tous marché au bord d'un précipice ... le long d'une simple bordure de trottoir, voire seulement d'une ligne de joint entre des pavés... Et on s'y croyait ... comme dans ton texte. Bravo!

    Posté par fc, 18 novembre 2006 à 13:50
  • Au départ, j'avais la même idée mais les mots ne sortaient pas. Ce texte est vraiment beau et j'aime bien l'idée de laisser le paquet derrière soi

    Posté par Farfalino, 18 novembre 2006 à 15:57
  • Il est très beau ton texte, Elvire.
    "Choisir, c'est renoncer ... A la seconde suivante, tout est si clair et si léger!" J'aime beaucoup l'exactitude percutante de tes phrases. Elles réveillent des échos oubliés.

    Posté par marie-aude, 19 novembre 2006 à 08:46
  • La pensée magique est restée celle de la petite fille:" si je ne tombe pas, si je ne glisse pas... j'irai au bout du chemin."
    Le temps de l'enfance prépare le futur...
    Merci pour ce beau texte,Elvire!

    Posté par colette, 22 novembre 2006 à 11:23
  • j'aime beaucoup comme tu ne dis pas les choses. j'aime ces portes ouvertes à nos imaginaires.

    beau texte encore une fois elvire, bravo )

    Posté par pati, 23 novembre 2006 à 11:46
  • Je suis touchée par ton texte qui apporte tant de légèreté dans un sujet pourtant grave, ou que je considère comme grave peut-être. Tes mots ont éveillé en moi des étincelles d'enfance, ces petits riens qui donnent de la pétillance à la vie. Merci.

    Posté par Poème de vie, 26 novembre 2006 à 10:29

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