30 avril 2008
15. Vous qui êtes mon autre (Rsylvie)
En ce jour qui ce veut fêter mes 46 printemps, j'ai une pensée toute particulière vous, partis ensemble, cueillir les fleurs du paradis bleu...
Trop gâtée pour comprendre le manque, je n'avais jamais pris le temps de vous exprimer mon attachement à
...Vous qui un matin d'automne, avez bravé le regard des autres en venant me prendre par la main, tout simplement, sans poser de question, les bras chargés de tendresse.
Je voulais simplement dire combien j'ai de considération pour l'homme qui n'a jamais baissé les bras. Qui n'a pas craint de provoquer la colère divine en détournant les chemins de l'enfantement, en prenant les sentiers de travers, jusqu'à la rencontre avec la fillette oubliée.
A l'homme qui posait sa caisse à outils pour se faire tendresse auprès de la gamine qui, malicieusement échappée des jupons de sa mère, venait chercher l'aventure dans les billes de bois. Au charpentier aux mains calleuses qui mille fois répétait le geste d'un lacet défait, d'un bouton à remettre, d'une aiguille de sapin à retirer du gilet pour qu'elle ne blesse pas l'enfant abîmé par la vie.
A toi femme si fragile, pour qui le moindre retard de l'enfant même devenu grande, était une tragédie. Toi brisée par la guerre, qui ne savait lire en « blanche neige » que le triste épisode du chasseur. Tes yeux aveuglés par le malheur ne pouvaient voir la fin heureuse de l'histoire. Pourtant tu faisais ton maximum, bonne ménagère, travailleuse, maman attentionnée je ne manquais de rien.
…Vous éducateurs avant l'heure, qui m'avez toujours parlé de l'autre avec respect, les yeux plein de compassion. N'avez jamais porté la moindre critique, M'avez enseigné le respect que mérite chacun, qui se doit à toute chose, à tout instant de la vie... qui êtes devenus mon port d'attache sans jamais chercher à me couper de mes racines.
Pour toutes ces délicates attentions, l'amour que vous m'avez offert jours après jours, et le soleil que vous avez mis dans mon cœur… merci
votre fille
Sylvie
Commentaires
Comment parler avec pudeur et vérité de ceux dont on vient. Une belle densité d'écriture
Sylvie, ta lettre est vraiment très émouvante, tendre et réaliste à la fois. Les mots sont justes, posés à leur place.
Un tendre et bel hommage pour tes parents...
bien sûr, connaissant ton histoire, ce texte me touche d'autant plus
merci Sylvie
Très touchante cette histoire; l'enfant oubliée qui remercie ces parents là d'être venus la chercher pour la chérir et qui lui ont transmis cette leçon d'amour
Bel hommage, trop rare à ceux qui sont nos racines, les petits , les humbles, ceux qui ont souffert et nous ont quand même aimé.
A la fillette oubliée...
et qui n'oublie pas ! Belle mélopée de tendresse restituée. "Le paradis bleu" est un magnifique champ fleuri où il fait bon s'asseoir pour écouter le murmure des racines et greffes.
Une lecture qui donne le frisson...
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=82199&pid=9011855
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :