Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

08 mars 2007

Retour aux sources ( Farfalino )

« Ca fait huit jours exactement que nous avons déménagé dans cette vieille maison en Bretagne. Nous avons enfin vidé le dernier carton. Ici, il y a moins de place qu’à Paris, notre ancienne vie déborde des placards : mon trampoline est dehors !J’ai maintenant le temps de t’écrire comme promis. Je suis assis dans ma chambre à un vieux bureau en bois qui était déjà là.Mon père a parlé d’un retour aux sources. Et bien je n’en ai vu aucune ! Et même que le premier jour, on n’avait pas d’eau. Peut-être qu’elles se cachent dans le jardin... [Lire la suite]
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22 février 2007

"Monsieur De" (Farfalino)

Il choisit toujours la solution la plus compliquée. Même mort. Aller d'un point A à un point B n'avait d'intérêt que s'il passait, plusieurs fois si possible, par tous les autres lettres de l'alphabet ! Dans son testament, il avait organisé ses funérailles et avait convié toute la région à dans la petite chapelle désaffectée attenante à son château. "Monsieur De", vocable dont nous avions avait affublé notre père, est un être fantasque et sa mégalomanie n'a d'égal que son inclinaison à embrouiller le fil de sa vie ...... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:46 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
07 février 2007

Juste mesure (Farfalino)

Je suis resté une heure environ dans la salle de bain.  Ni plus ni moins. La baignoire est large, le carrelage coloré. Je suis allé dans le salon et je me suis assis en tailleur dans le noir pour contempler par la large baie vitrée la ville perlée de lumière. J’y suis resté deux heures environ. Ni plus ni moins. Je me suis rendu dans la chambre et je me suis allongé sur le plancher de chêne. Je me suis endormi comme un bébé. J’y suis resté huit heures environ. Ni plus ni moins. Je me suis levé pour courir... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 17:28 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
22 janvier 2007

Mauvais trip (Farfalino)

J’ai volé mon âme à un clown. J’aspire la poussière luminescente de son écorce qui éclate en volutes de mort cérébrale. Des insectes vénéneux violent mes orifices pour me peindre de terreur et de souffrance. La filasse de mes cheveux verdissent de colère ; mes lèvres vermillonnent du fluide des âmes massacrées ; ma peau se fige en une porcelaine opalescente ; mes yeux cerclés de suie  brûle d’une flamme d’or ; le masque hideux de la fureur se pose sur mes traits autrefois beaux ; des seringues d’ivoire prêtes à siphonner... [Lire la suite]
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17 janvier 2007

Trop tard" par Farfalino

Je suis un génie, je suis modeste.Les mots coulent de mon stylo,Les pages sont noires de mes humeurs.Courbes, traits, boucles et points naissent de mes pensées.La bille court et tremble sur les méandres rocailleux de ma vie.Libérer les mots du cocon carcéral de mon âme,Déverser mes pensées dans un océan de lettres,Oser écrire, oser vivre, oser affronter enfin l'essence de mon être.Je suis un génie, j'ai l'écriture magnifiqueJe suis modeste, je meurs demain.Je suis un poète maudit, criminel, coupable et condamné !
Posté par Coumarine à 09:16 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
18 décembre 2006

Entre amies (Farfalino)

- Je crois bien que j'ai attrapé un coup de soleil, déclare la brune en contemplant ses bras tendus devant elle.- Pfff, soupire la blonde- Si je t’assure ! Ca fait 3 heures que je suis assise en face du soleil.- Et moi je suis la Reine d’Angleterre ? La brune contemple dubitative le diadème qui trône sur la tête de la blonde. - Ta robe a du déteindre, ma pauvre fille ! Avec ton teint de porcelaine, tout ce que tu peux espérer, c’est jaunir. La blonde virevolte quelques tours sur elle-même. - Tu ne trouves pas que mon maillot de... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 18:27 - - Commentaires [8] - Permalien [#]

08 décembre 2006

"Long sera l'hiver" (Farfalino)

La feuille était blanche, vierge, presque phosphorescente dans la lumière éteinte de cet après-midi pluvieux. La pointe du tourne-disque se posa sur la surface noire d'un disque vinyle. Les premiers craquements annoncèrent les violons aussitôt accompagnés de cuivres plaintifs. La voix d'une chanteuse autrefois populaire emplit alors la pièce pour pleurer « Long sera l'hiver, . my love ! ». Le crayon gras attaqua la surface du papier avec vigueur, déchirant d'une couleur vive la blancheur inerte de la feuille. Puis une autre . et... [Lire la suite]
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21 novembre 2006

Vendredi 13 (Farfalino)

La vieille voiture violette hoqueta et rua comme un cheval furieux pours'immobiliser quelques mètres dans le grand rond-point. Dans un grand fracasde verre et de plastique brisé, le front de la conductrice fit connaissancesans aucune amabilité avec la grosse bulle de chewing-gum soufflée par levolant. Reprenant ses esprits, elle sursauta : un visage grimaçant de haineemplissait la vitre côté conducteur. « C'est de votre faute ! J'espère quevous êtes bien assurée ! » lui cracha un petit homme cramoisi à travers laparoi protectrice.... [Lire la suite]
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06 novembre 2006

Miracle ( Farfalino )

Elle descend avec précaution du glisseur qui vient de s'arrêter dans un sifflement évanescent devant les vestiges oubliés de la Tour des Khilgard. Les 4 lunes dansent encore dans l'aube ensanglantée de Ténébreuse. Elle frissonne malgré le lourd manteau noir et le foulard qui enserre les rares cheveux qui lui restent. Devant elle se dresse un empilement infini d'anneaux de pierre blanche et noire, posés comme le ventre d'un bourdon géant. Les fantômes des anciennes sorcières lui chuchotent des mots insaisissables et réveillent en elle... [Lire la suite]
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27 octobre 2006

Premier baiser (Farfalino)

"Je l'aime". Cette certitude s'est imposée lentement et sereinement sur le trajet de la ferme de l'oncle à la gare. Elle ressentait encore la pression de ses douces lèvres sur les siennes. Elle ne voyait que ses yeux verts, son sourire, ses cheveux d'or, les autres n'existaient plus. Son cœur débordait d’une joie qu’elle aurait voulu chanter, crier, rire, hurler, … Mais cela ne se faisait pas, on était bien élevé chez les Pritchard. Nous voilà prêt pour retourner chez nous. Nous avons nos habits du dimanche. Mon... [Lire la suite]
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