Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

04 août 2007

Le favori (Lorraine)

Ce que je venais de dire à la vieille marquise Guy de Rui était l’exacte vérité : je partais pour toujours. Je quittais son château, son pavillon de chasse, ses réceptions, ses soupers aux chandelles, ses falbalas, ses bijoux, son lit... C’était hier, après l’amour. Elle a ri. Elle me tient depuis si longtemps. Elle ferme les yeux sur les murmures étouffés des petits bonnes quand je les pousse dans une embrasure, elle fait semblant d’ignorer les regards assoiffés que je lance aux invitées plus jeunes, elle feint de ne rien voir... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 17:56 - - Commentaires [13] - Permalien [#]

22 juillet 2007

La tête et les jambes (Lorraine)

    La surprise est de taille. Non, je n’ai pas bu. Pourtant, je vois double, et de travers. Le pavé se dérobe, un pavé de l’ancien temps, robuste, qui s’incline.      Qui s’incline ?.. Oui, dangereusement,  à la façon d’un  toit, en pente quoi ! Moi je suis sur ce toit, j’essaie de toutes mes forces de garder l’équilibre, je tangue, je chavire, je me redresse, ah j’y suis ! .…Non, pas vraiment.  Mes jambes  partent toutes seules, elles ont mes baskets, mon survêtement marine, mais où... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:32 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
09 juin 2007

Une erreur...? (Lorraine)

      Je suis seule, un de ces moments feutrés où l’on peut tout faire : examiner le grain de la peau dans un miroir grossissant, compter ses rides, peindre les orteils de rouge vif, s’étendre sur le lit et rester dans une bienheureuse inactivité tandis que les électrodes ronronnent et massent l’estomac et le ventre.  Oui, les muscles tiennent le coup. Non, je n’attends personne…       Des pas dans le jardin… "Aline ! crie une voix joyeuse, tu es là ? ».     ... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:51 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
28 avril 2007

On nous oubliera (Lorraine)

Ma voiture n’a pas démarré ce matin. Il n’y avait plus d’essence. Il n’y en a plus nulle part d’ailleurs. Ils ont tout réquisitionné. On tire. A plat ventre, vite… Très vite… Pas assez vite. Je suis là, dans le troupeau lamentable, ils m’ont traîné dans le chemin qui sent le printemps. On est tous rassemblés en troupeau, on a tous la peur dans les entrailles, on ne crie pas, on baisse les yeux comme si cela pouvait nous faire disparaître. Eux, ils gueulent. Ils ont attrapé Maxime, il est au premier rang, il a reçu la... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 09:30 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
18 avril 2007

Que la prédiction s'accomplisse (Lorraine)

      -Et maintenant, ça suffit ! hurle la voix d’orgue désespérée de la cathédrale dressée dans la tempête.       Ils s’entretuent jusque dans la nef, ils sont vingt, ils sont cent, ils sont mille. Hier, la tête ronde d’un page roula comme un citron jusqu’au banc de communion. Par dérision, un guerrier la ramassa et la lança dans la corbeille, oubliée sur un prie-dieu,  de la couventine chaisière. Un moine agonisant, péniblement redressé, a transpercé l’homme d’un coup de dague ultime.... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:27 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
10 avril 2007

Train de nuit (Lorraine)

J’ai presque une heure d’avance. Sur le quai, j’attends. Ah ! ces fantasques, un voile par-ci, un soulier par-là, un corsage envolé, un jupon qui s’effeuille !  Viendront-elles en essaim ? Ou l’une après l’autre ? Patience ! Ce sont des femmes, des reines, des déesses. Je m’assieds, la gare de province est déserte ; là-bas, loin, un train de nuit s’est arrêté.  Comme j’aime cet instant suspendu où rien ne se passe ! L’impalpable silence glisse en moi comme un bonheur. Laquelle posera la première ses petits pieds nus à côté... [Lire la suite]
Posté par _Sammy_ à 17:15 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

16 mars 2007

La seule chose qui comptait (Lorraine)

Il faut que je vous dise… J’ai menti. On était cinq en sortant du bar « La Poudrière » ce matin vers 4 heures. Moi derrière et Yves tout devant, chantant à tue-tête « L’été indien ».Les autres entre nous et juste devant moi, Evelyne. Elle a buté sur une branche et s’est étalée. Il commençait à faire clair, elle s’est remise à quatre pattes, tant bien que mal, son ridicule jeans à taille basse dévoilant la minuscule ceinture de son string rose. J’ai voulu la relever. J’ai buté à mon tour, le nez sur ses seins et... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 09:30 - - Commentaires [39] - Permalien [#]
06 mars 2007

BENEDICTE (Lorraine)

Ca fait huit jours exactement que j’habite la maison bleue. Elle me plaît. Ses volets, sa porte qui s’ouvre et son léger courant d’air, le matin si calme et le ruisseau au bas du ravin conviennent à ma solitude. Je suis un garçon sans histoire qui peint par plaisir et vend assez pour vivre. Cette nuit, je  m’éveille en sursaut. Dans la chambre, une voix chuchotte : « Bénédicte, reviens Bénédicte »…J’allume. Personne. Encore  un de ces rêves bizarres comme j’en fais quelquefois. Je me rendors. Le grand jour me sort du... [Lire la suite]
Posté par patitouille à 17:35 - - Commentaires [17] - Permalien [#]
19 février 2007

Une drôle de tête (Lorraine)

Il choisit toujours la solution la plus compliquée.  Bébé, pour  montrer qu’il existait , il se tourna brusquement sur la table à  langer et atterrit sur la tête.  il en garde une bosse chevelue,  coquette  mais qui attire les regards. S’il met un béret, elle pointe  par-dessous ; le feutre, lui, dérive, s’incline, l’excroissance a  chaud, plie à droite, plie à gauche,ramollit, dépasse sur le front.  Alors, maintenant, il porte le haut-de-forme. Vous direz : « C’est  bien. Au... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:40 - - Commentaires [16] - Permalien [#]
08 février 2007

Pas de panique (Lorraine)

Je suis restée une heure dans la salle de bain, à peu près, et brusquement ça a craqué partout.  Tout bougeait dans l’escalier. Comme une sirène vacillante sur ses nageoires, j’ai rampé à tâtons, nue et affolée. Plus de lumière, un grondement, les murs tremblent, où suis-je? A quatre pattes dans la cuisine!  Aïe! c’est quoi cette douleur? Du verre cassé. Plus de coca. Je saigne.La fenêtre, ouvrir la fenêtre tout de suite pour voir, pour savoir! Les hurlements des auto-pompes annoncent une catastrophe. C’est à côté...Les... [Lire la suite]
Posté par pivoineblanche7 à 11:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]