Paroles Plurielles

Voyages dans les mots...chaque jeudi une consigne d'écriture pour les amoureux des mots. En voiture...!

20 novembre 2006

Ceci n'est pas un conte... (Colette)

Il était une fois...moi. Moi, la valise incolore, celle qui ne ferme plus, qu'on oublie délibérément à la consigne, qu'on bazarde dans un recoin du grenier.Il était une fois...moi. Moi, l'énorme faute d'orthographe, la virgule superflue, le point d'interrogation, le point suspendu.Il était une fois...moi. Moi,le petit d'homme, pas bien lourd, mais bourré d'amour à faire exploser la valise,à renverser le point d'exclamation! Le petit bout, haut comme trois pommes, sale comme un pou, fermé comme une huître. La graine de voyou, tombée... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:17 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

20 novembre 2006

J’ai pas vu clair ! (fc)

Je regrette, j’ai rien compris! C’est après coup que ses collègues m’ont dit, avec des intonations chargées de sous-entendus, qu’elle me trouvait bel homme, que j’avais dû m’en rendre compte, que je comptais beaucoup pour elle …  ? … C’est gentil, mais je n’étais pas là pour ça! Au boulot, le boulot! Quant à mes relations avec le personnel, je les ai toujours voulues strictement professionnelles, chargées de respect, bien sûr, d’amabilité, de simplicité, de reconnaissance du travail bien fait … mais pas de sentiment et encore... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:07 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
19 novembre 2006

Les yeux fermés (Marie-Aude)

« Avancer lentement. Poser un pied devant l'autre. Sans dévier. Surtout ne pas dévier. Ne pas quitter cette mince bande d'asphalte grise qui se balance comme un pont de rondins suspendu entre deux rives. Oublier le monde des bien portants. Pénétrer dans celui de la douleur, de la peur et des sanglots contenus, celui de la maladie qui n'a pas de nom, de l'angoisse qui tord le ventre et déchire les pages blanches du futur. Avancer toujours. A petits pas comptés. Si je parviens à traverser la place sans dévier de ma route, si je... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:01 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
19 novembre 2006

A un carrefour de ma vie... (Plum')

Lorsque je suis sortie de chez lui, j'étais vidée. Je me sentais déshabillée de toute émotion, vierge de tout sentiment. Je me sentais fatiguée mais en même temps lavée de toutes ces années de souffrances, de silences, d'errances... Je ne suis pas partie en claquant la porte. Non. Je n'ai pas quitté son appartement en colère. C'est peut-être cela, justement, la différence. Je lui ai amené ses courses, je les ai rangées dans le réfrigérateur et dans le placard, j'ai remis le panier à sa place, sous l'évier, et là, je l'ai... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 16:54 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
19 novembre 2006

Une ultime pensée (Brie)

Elle le savait qu’elle n’aurait pas dû venir. Elle le savait ! Pourquoi l’avait-elle appelée, sa mère, après toutes ses années ? Etait-elle capable de remords ? Après tout, ce n’est pas elle qui était partie. C’est bien lui qui l’avait mise à la porte, lorsqu’elle eut atteint ses 18 ans. Elle s’en rappelle comme si c’était hier. « Va t’en ! » lui avait-il crié. « Va vivre ta vie, puisque la nôtre t’insupporte ! ». Sa mère n’avait pas dit un mot. Peureuse, soumise, comme elle l’avait toujours été. Elle se revoit là, sur le... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 10:07 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
19 novembre 2006

Sur la ligne (Alice)

Elle marche d'un pas décidé Sans se retournersa vie est carréeElle marche sans se retournerSur la ligne tracée de sa vie bien régléeLa ville est propreElle laisse derrière elleCe qui l'encombreMême l'herbe est enfermée dans ces certitudesChaque chose a sa placeChacun rangé dans une caseElle veut oublier que sa route pourrait ne plus être droite. Une chappe de plomb a enfermé son coeur Hier il lui disait:ose sortir de cette vie qui t'étouffede cette prison dans laquelle tu t'es toi même enfermée?Il la voit s'éloignerIl veut la... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 09:50 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

18 novembre 2006

La suivante (Abstruse)

Ça fait deux jours, deux jours qu’il m’a quittée, je suis vieille, il en a trouvé une plus belle, une moins chiante, oui une moins chiante…C’est comme ça qu’il me l’a annoncé, j’ai accusé le coup, j’étais en train d’éplucher les légumes dans la cuisine pour lui faire son pot au feu, son plat préféré … je n’ai pas eu le temps de répondre … la porte a claqué, comme elle a claqué sur ma vie au même instant, je me suis retournée et le lâche avait pris la fuite, j’ai couru, j’ai ouvert la porte et je l’ai appelé … mais … il était déjà... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 17:08 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
18 novembre 2006

Impasses (Lukeria)

Je reste là, pétrifiée, à l'endroit où, en quelques mots définitifs, il m'a déposée. Tant d'années où mes pas se fondaient dans l'ombre de ses pas… À me perdre souvent dans ses silences. Un seul de ses sourires pour me retrouver. Il était mon chemin de campagne. Ensemble, nous avons traversé toutes les saisons : des printemps verdoyants pleins de promesses, des étés enlacés embrasés, des automnes empreints de nostalgie, mais aussi des hivers trop blancs et glacés où je me recroquevillais dans l'attente des beaux jours... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 16:59 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
18 novembre 2006

Un poste (brigetoun)

Eloïse est arrivée, rayonnante, s'est assise et a posé sur latable, entre les bols de café, trois enveloppes :- ça a marché, j'ai trois réponses - trois grands qui recherchentune assistante.- ton annonce ?- et le bouche-à-oreilles - il y a le Professeur Wiggins qui abesoin d'une mise en ordre de ses recherches sur l'affaire duchevalier de La Barrre..- sérieux, mais il a un sale caractère, un peu austère. Il faudraque tu te passionnes pour ce chevalier si tu veux tenir le coup- lui, c'est mon directeur d'étude qui lui a parlé de moi.... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 13:50 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
18 novembre 2006

Renaissance automnale (Bugul An Aod)

Septembre 2006 90 kilomètres à parcourir pour enfin arriver à destination … Plus que 90 kilomètres sur les 1 100 que j’avais à faire au départ. Plus de 900 kilomètres que je me repasse sans fin le film des derniers mois, le film de l’enfer qu’elle m’a fait vivre et que j’ai enfin réussi à quitter. Plus de 900 kilomètres que je me rappelle ces instants où nos corps enlacés devenaient un nœud de chair qu’aucune lame n’aurait pu trancher. Plus de 900 kilomètres que je la revois traverser la place, comme tous les matins avec son... [Lire la suite]
Posté par Coumarine à 11:55 - - Commentaires [7] - Permalien [#]